Il est des bonheurs insupportables.

Des instants tellement précieux qu’ils en deviennent difficiles à vivre.

Ce matin, la neige a transformé le jardin en peinture, en décor de rêve, en décor de paix, de calme et de silence. Création visuelle qui n’est source de plaisir que parce que j’ai le privilège de l’observer alors que je suis bien au chaud. Car la beauté a ses côtés retors. La blancheur engendre la froideur et la nécessité de s’en préserver.

Mais pour l’heure là n’est pas la question. La pièce de verre où je prends le petit-déjeuner nous offre à la fois une vision fabuleuse sur l’extérieur et la chaleur de l’intérieur. Les mélodies d’Enya bercent les oreilles.  Cette musique d’habitude trop entendue est fabuleuse pour admirer la neige couvrir la nature. La voix d’Enya produit un son de coton. Des notes en flocons.

Un sentiment incroyable s’empare de moi. Aucune force, encore moins de violence. Une infinie douceur, un aperçu de toute la tendresse du monde. La beauté infinie, l’harmonie absolue qui invite à la contemplation.

Tellement absolue qu’elle pourrait en devenir insupportable, dévorante, annihilante.

Me revient alors un lointain passé, quand le mot bonheur n’était qu’une chimère, un espoir, une demande.

Dans un geste mental familier à celles et ceux qui méditent, je reviens au présent, le petit bois, la neige, la douceur de l’enveloppe musicale d’Enya et le bonheur revient en force.

Le contraste entre souvenir et présent rend ce bonheur acceptable. D’obsédant, il devient réjouissant, rassérénant.

Faut-il avoir connu des moments difficiles pour savourer le bonheur présent ?

Une réponse

  1. Texte magnifique plein de sensibilité mélange de douceur musical , un régal pour l imaginaire . Senssation de bien-être…. J ADORE…

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