Kyoto: le deuxième jour est le premier

Après la mésaventure du palais impérial de la veille, il nous fallait frapper un grand coup. Ce fut le cas avec le choix du temple Fushimi Inari , le temple aux mille toriis. Un train nous y a mené et nous nous sommes délectés de ce chemin sous ces innombrables toriis oranges.

Impressionnant endroit. Chemin interpellant.

Alors, la question qui tue: photos ou pas photos?

Il semble que les avis soient fortement clivés. Il y a d’une part ceux qui disent que prendre des photos c’est sortir de l’expérience du présent. C’est vrai que ne faire que cela revient à visiter les beaux endroits à travers l’écran de son smartphone qpuisque celui-ci est devenu l’appareil photo majoritaire. Et je ne par le pas des vidéos qui captent de longs moments et accaparent toute l’attention des cinéastes aux téléphones portables.

Les centaines de temples sont tantôt bouddhistes, tantôt shinto. Deux religions qui ont trouvé à se combiner dans la foi japonaise. Les Japonais ont opté de prendre le meilleur de ces deux religions. Ainsi le rite Shinto est privilégié pour les naissances et le début de vie alors que le rite bouddhiste est privilégié pour l’espérance qu’il prodigue a ses adeptes, parce que le shintoïsme n’a pas autant à offrir pour la fin de vie.. et aussi parce que les cérémonies shintos sont nettement plus chères. La religion n’empêche pas le pragmatisme.
Ainsi donc il est possible de prendre le meilleur des deux mondes. De les combiner. Nul besoin de choisir son camp. N’en est-il pas de même de la question de prendre ou non des photos.

Ces temples m’apportaient la réponse. Prendre le meilleur de ce qui m’est donné de vivre.

Quand je marche sous ses toriis, j’aime à me laisser imprégner de la sensation corporelle de chaque pas, de ces masses de bois qui se succèdent et parfois même se touchent.

Puis j’aime cette aventure visuelle qui consiste à reconnaître des points de vue intéressants qui seront l’opportunité d’une belle photo. Il y a une dimension artistique dans cette démarche.

Si je ne prenais pas de photo, je resterais dans le global, dans la synesthésie. Les photos m’offrent d’alterner d’une vision large et intégrale à une vision focalisée avec un cadre, un arrière-plan et un avant-plan, une harmonie des couleurs, une proportion, une organisation particulière.

Et de me dire que c’est un peu comme l’écriture. Lorsque nous pensons, les idées succèdent aux idées. Elles se mélangent, se substituent, se déforment, s’associent. Puis disparaissent.

Les images et sensations sur ce chemin de toriis avec ces innombrables petits temples et monuments funéraires font de même. Certaines resteront dans ma mémoire. Mais la plupart non. Elles viendront nourrir ce que j’appelle “mes impressions de voyage”.

Prendre des photos, des bouts de vidéo me montre ce que je voyais déjà mais autrement. Des touches de précision, des formes identifiées, des assemblages originaux que je n’aurais remarqué.
Vivre une visite en même temps que prendre des photos me rend actif. Je reçois et je prends (ne dit-on pas prendre des photos?). Cette alternance de vécu et de photos est une respiration qui donne de l’air à chaque visite.

Et c’est sans parler des images qui pourront être revues ou montrées à d’autres et nous donner ainsi à revivre des moments particuliers.
Le temple de .. était en fait au point de départ de notre promenade. L’originalité, elle, était dans ce chemin. Et nous fûmes ravis.
La journée commençait bien. Kyoto s’offrait à nous.
Et c’était loin d’être terminé.

Ce fut ensuite Ginkaku-ji, son célèbre pavillon d’argent qui ne l’est pas et surtout son merveilleux jardin

Puis, la retrouvaille d’avec le chemin de la philosophie pour découvrir quelques endroits et temples moins fréquentés mais pleins de charmes.
Hōnen-in, espace ombragé qui sait dissimuler sa beauté


Le Heian-Jingu qui étale sa magnificience au coeur de la ville

Et enfin le parcours que nous n’attendions pas, la traversée de Gion puis des rues Ninenzaka et Sannenzaka qui nous a révélé sa pagode par surprise.

Et enfin le fabuleux Kiyomizu-Dera que nous n’avions pas prévu de voir en ce premier jour de visite et où nous avons acheté les billets dix minutes avant la fermeture ce qui nous a valu de voir le temple quasi vide de visiteurs.

1 commentaire

  • Patrice Gilly

    Pour moi, y’ a pas photo.
    Tes vues réveillent de beaux souvenirs en nous.

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